Description et rôle de la comptabilité

La comptabilité est au cœur de l’activité de tout organisme ayant une activité financière. De la grande entreprise multinationale au club de foot, du jeune ménage voulant gérer au plus près son budget à l’éleveur de simmental, la comptabilité balaie un champ très large d’activités, mais son but est plutôt simple : savoir où l’on en est financièrement. 
Derrière ce but simple, se cache en fait une multitude de supports, de calculs, d’actions, d’écritures comptables qui permettent non seulement de mesurer la bonne santé économique d’un organisme mais aussi de gérer son avenir. Encore faut-il avoir une idée, au moins générale, des clés d’une comptabilité de base.
Les normes comptables ont évolué dans le temps ; cependant, elles restent indispensables aux échanges humains depuis des millénaires. Les plus anciennes traces d’écriture ne sont pas une ode aux dieux, un poème épique ou un récit de chasse, mais des écritures comptables.
Issu d’un comptage tout simple des éleveurs qui versaient un caillou (calculi : racine évidente du mot calcul) dans un vase pour compter leurs bêtes, des jetons d’argile gravés font leur apparition au 7e siècle avant notre ère.

Analyse financière de 5000 ans d’âge

Ils donneront ensuite, vers le IIIe millénaire av. J.-C., les célèbres tablettes en écriture cunéiforme sumériennes, véritables trésors de l’humanité, objets extraordinaires… Dont la lecture l’est moins : ce sont en fait des inventaires de troupeaux, de produits céréaliers, laitiers assortis souvent du nom du « fonctionnaire » ou de l’administrateur en charge de leur gestion.
Car il est bien question de gestion administrative sur ces tablettes et même d’analyse comptable. On trouve en effet sur ces tableaux de bord antiques des calculs prévisionnels précis visant à définir les rendements agricoles et d’élevages.La gestion comptable est donc bien, et ce depuis bien longtemps, au cœur des échanges entre les hommes.
Autre exemple significatif, toujours dans le domaine de l’écriture : si les premiers textes imprimés sont des textes religieux, très vite un autre livre, « profane » celui-là, sort des presses. C’est un ouvrage de « l’inventeur » de la comptabilité double : Luca Pacioli (qui aurait reçu un sacré coup de main de Léonard de Vinci)… Une manière de tenir sa comptabilité qui trouve ses racines en Égypte ancienne et perdurera jusque dans les années 1950.

Le Grand Livre ou la comptabilité double

Cette comptabilité double (ou comptabilité générale) reste le fondement d’une vision simple d’un budget : d’un côté les entrées, de l’autre les sorties. 
Toutes les pièces justificatives comptables doivent être visées : factures, achats, encaissement, fonds de roulement, payes, flux de trésorerie, crédit-bail, etc. La liste est sans fin.Donc, dans la réalité c’est loin d’être aussi simple. Pourtant, cette définition schématique permet de mesurer l’importance d’une tenue de comptes : savoir toujours de manière sûre où en est l’organisme concerné en suivant ces flux financiers précisément.
Dès qu’une opération est effectuée (achat, vente…), elle doit laisser des traces dans des comptes différents : c’est la saisie comptable. L’un des comptes est crédité, l’autre débité ; on garde ainsi une trace et un historique exacts des échanges dans deux colonnes.
De là vient l’image d’Épinal du comptable penché sur son énorme cahier à deux colonnes au nom symbolique : le Grand Livre.
Crédit et débit sont ainsi les deux manières de faire évoluer les ressources de l’organisme, mais aussi de synthétiser une opération entre le passif (ce que l’on doit) et l’actif (ce que l’on a).D’un côté, nous avons donc les emplois des ressources : ce sont les débits.
De l’autre, les ressources elles-mêmes : le crédit.Une même opération peut être subdivisée entre plusieurs comptes ; néanmoins, la somme de ces comptes d’un côté et de l’autre de la colonne doit être égale à zéro, c’est l’équilibre comptable. 
Il permet de lire, analyser et suivre l’historique de toutes les opérations courantes, financières, etc.Car la comptabilité ne se contente pas de transcrire les flux financiers (achats, ventes) mais précise aussi des différences temporaires.

Compte de bilan et de gestion

Une entreprise, par exemple, gère des ressources limitées dans le temps : remboursement d’un emprunt, revente de matériel, délais de paiement…
Elles sont inscrites dans un compte de bilan, ce compte servira pour vérifier les opérations ayant un impact sur la richesse, le patrimoine de l’entreprise. Le compte de bilan sera utilisé pour la clôture d’un exercice comptable, du bilan comptable. Il sera utilisé comme base pour l’exercice suivant.Le compte de gestion, lui, permet des analyses et un suivi comptable pointus et précis. 
Il suit de près une opération, enregistre tous les documents comptables autour de l’emploi d’une ressource « définitive ». La vente de produits à un client ou l’achat de matières premières trouveront leur place dans le compte de gestion qui suit les comptes de produits et comptes de charges. 
Les comptes de gestion seront regroupés dans le compte de résultat (charges et produits). Ils seront apurés à la fin de l’exercice comptable.

Compte de résultats et comptabilité « en mouvements »

Ce compte de résultat permet d’évaluer les performances de la structure sur un exercice comptable. Bénéfices ou pertes (produits ou charges) seront mesurés par des indicateurs nombreux : le résultat financier, le résultat courant, la valeur ajoutée, la marge commerciale… et le résultat net qui servira au bilan comptable.
Le comptable peut concentrer ce compte de résultats sur une branche de l’entreprise et réaliser des « reportings ».
Souvent mensuel, c’est une manière d’accéder à une comptabilité « en mouvement ». Plutôt que de se contenter d’une vue figée sur un instant T, le reporting permet de suivre les évolutions des données comptables. 
Nous sommes là à la frontière entre la comptabilité financière et la comptabilité de gestion. Souvent chapeauté par le directeur comptable, cet exercice va permettre de détecter les éventuels dysfonctionnements, de faire un contrôle interne de la performance réelle de l’entreprise.
Toute cela avec les mêmes informations de base : nombre de clients, de devis, de ventes…C’est une vision du suivi comptable très anglo-saxonne qui a tendance à se généraliser.

Bilan comptable

Enfin, le bilan comptable est l’objectif de la tenue d’une comptabilité précise.Il reprend donc tous les éléments actifs et passifs depuis la création de la structure.Souvent analysé et validé par l’expert comptable d’une fiduciaire, il permet plusieurs choses :
– donner une photographie de la valeur de l’entreprise à un moment donné donc connaître sa valeur,- s’assurer qu’elle est solvable,
– permettre aux organismes tiers de gérer les obligations légales : versement des taxes sur la valeur ajoutée, calcul des impôts sur les sociétés, déclarations fiscales, répondre à un contrôle fiscal, etc…
– donner aux banques et autres organismes de crédit une base de calculs et aux chefs d’entreprise une base solide en vue de futures négociations
,- permettre aux dirigeants, directeurs administratif et financier, et autres spécialistes financiers de mettre en place des analyses fines sur des secteurs précis.
De proposer ensuite des solutions de gestion rigoureuses et adaptées,- connaître les besoins de l’entreprise et les mettre en place : besoin de fonds de roulement, de crédits, d’investissement… Il servira de base pour toutes les opérations de comptabilité analytique.

Informatisation : la compta pour tous ?

Évidemment, ce domaine où les chiffres sont rois a évolué fortement avec l’arrivée d’appareils de calcul automatisé.
Fini la tenue de livre de comptes énormes et lourds à gérer, aujourd’hui l’outil informatique permet de mener des opérations comptables complexes mais aussi de gérer au plus près les modifications législatives et fiscales. 
C’est pourquoi les métiers de la comptabilité se sont aussi diversifiés : de l’aide comptable à l’expert comptable généraliste, du fiscaliste à l’analyste financier sans oublier le secrétaire comptable premier maillon de la chaîne.
Les formations diplômantes se sont multipliées et balayent tous les métiers et tous les niveaux. Et toutes les grandes entreprises ont mis en place des services comptables conséquents.
Mais l’informatisation permet surtout à des micros entreprises individuelles, à des petites et moyennes entreprises, à des associations, la gestion administrative en interne de leur comptabilité. Grâce à des logiciels comptables en ligne faciles à utiliser, complets et performants.